Cette création prend pour point de départ l’entretien OFPRA — Office français de protection des réfugiés et apatrides — moment décisif du parcours des personnes exilées, où chaque récit est soumis au doute et au soupçon. Deux femmes dansent, répondent, interrogent. Nicolas Barry met en scène la violence institutionnelle d’un dispositif qui, sous couvert d’accueil, fabrique l’exclusion. Ici chaque mot pèse, chaque geste compte. Par un principe de question-réponse appliqué au texte comme au mouvement, Sophie Billon et Nangaline Gomis accomplissent une prouesse : projeter un texte dense tout en enchaînant d’intenses figures chorégraphiques, désynchronisées de leurs répliques, ensemble ou en contrepoint, jusqu’au vertige.