Armand Lamarque arrive au Bénin en 1900 dans un campement militaire. Capitaine idéaliste à ses débuts, il voit ses certitudes vaciller, puis s’effondrer, jusqu’à devenir exploitant d’huile de palme. Figure faustienne, presque vampirique, il traverse les époques et l’histoire coloniale. Autour de lui, missionnaires, militaires, mercenaires et expatrié·es se côtoient dans cette fable aux allures de conte fantastique. En creux, se déploie l’histoire d’une terre spoliée et de peuples dominés.
Une histoire de luttes et de résistances. Musique et vidéo nourrissent ce spectacle épique et shakespearien peuplé de fantômes, d’empereurs et de soldats. Avec cette interrogation qui traverse la pièce : comment la société française a pu coloniser « au nom de la civilisation » ? Après *Grès (Tentative de sédimentation)*, *Jeune mort* et *Le temps des fins*, Guillaume Cayet oppose à la violence de l’Histoire la possibilité pour le théâtre de la transformer. Et invente un art à la lisière du politique et du poétique.